Sécurité informatique

Arnaque au faux support technique : la reconnaître et bien réagir

Écran bloqué, appel « de Microsoft » ? Repérez l’arnaque au faux support technique et suivez les bons gestes selon le cas : appel, accès à distance, paiement.

Illustration d’un ordinateur portable affichant un bouclier de sécurité, entouré d’étiquettes « Faux message », « Prise en main » et « Banque »

Vous lisez tranquillement un article et, d’un coup, la page passe en plein écran. Une alerte rouge annonce un virus, une voix répète que votre ordinateur est bloqué, et un numéro « d’assistance Windows » s’affiche. Ou bien c’est votre téléphone qui sonne : « Bonjour, service technique, nous avons détecté un problème sur votre ordinateur ». Dans les deux cas, c’est probablement l’arnaque au faux support technique. Ce guide vous aide à la reconnaître en quelques secondes et indique quoi faire selon votre situation : vous n’avez pas appelé, vous avez laissé quelqu’un prendre la main, ou vous avez déjà payé.

En bref : aucun vrai support technique ne vous contacte de lui-même ni n’affiche un numéro à appeler dans une alerte. N’appelez pas, fermez le navigateur ou redémarrez. Si un inconnu a eu accès à votre ordinateur ou à vos coordonnées bancaires, prévenez votre banque tout de suite, changez vos mots de passe depuis un autre appareil et faites vérifier l’ordinateur.

Comment fonctionne l’arnaque

Le principe ne change pas : vous faire croire à une panne grave pour vous vendre un dépannage inutile. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif public d’aide aux victimes, le premier contact peut prendre plusieurs formes : un message qui bloque l’écran, un appel, un SMS, un e-mail ou une fenêtre de discussion. Les escrocs se font passer pour de grandes marques, le plus souvent Microsoft, mais aussi Apple ou Google.

Le scénario se déroule ensuite presque toujours de la même manière :

  1. La peur. Une alerte annonce un virus, un piratage ou un blocage, avec parfois une alarme sonore. Le message presse : « n’éteignez pas votre ordinateur », « vos données vont être effacées ».
  2. L’appel. Vous composez le numéro affiché, ou le faux technicien vous appelle directement. Il parle avec assurance et utilise un vocabulaire technique.
  3. La prise en main. Il vous demande d’installer un logiciel de contrôle à distance. Ces logiciels existent aussi chez les vrais techniciens, mais ici, ils lui donnent accès à tout : fichiers, mots de passe enregistrés, documents d’identité.
  4. Le paiement. Il « répare » un problème qui n’existe pas, puis réclame un paiement unique ou un abonnement. En cas de refus, il peut menacer de détruire vos fichiers ou de diffuser vos informations.

L’arnaque s’est durcie. Dans un communiqué de juillet 2025, Cybermalveillance.gouv.fr, Microsoft et le parquet de Paris indiquent que les pertes, longtemps limitées à quelques centaines d’euros, atteignent parfois plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d’euros. Dans les cas les plus graves, les escrocs prennent même le contrôle du compte bancaire en ligne de la victime.

Déroulement de l’arnaque au faux support technique : une fausse alerte qui fait peur, un appel au faux technicien, la prise en main à distance de l’ordinateur, puis la demande de paiement
D’après les fiches de Cybermalveillance.gouv.fr.

Une menace très fréquente

Ce n’est pas une arnaque marginale. Dans son rapport d’activité 2025, publié en mars 2026, Cybermalveillance.gouv.fr place le faux support technique au quatrième rang des menaces qui touchent les particuliers. Il représente 5,9 % des assistances, et les demandes ont augmenté de 39 % par rapport à 2024. Le rapport explique cette hausse : après des actions judiciaires en 2024, les escrocs semblent avoir marqué une pause de quelques mois, puis ont relancé leurs campagnes début 2025.

Tout le monde peut être visé, quel que soit son âge. Les seniors sont toutefois plus exposés, au point que Microsoft, Cybermalveillance.gouv.fr et le parquet de Paris ont publié une fiche pour eux et une autre pour leurs proches.

Chiffres clés 2025 du faux support technique chez les particuliers : quatrième menace la plus fréquente, 5,9 % des assistances, demandes en hausse de 39 % par rapport à 2024
Source : Cybermalveillance.gouv.fr, rapport d’activité 2025.

Les signes qui ne trompent pas

Un seul de ces signes suffit pour raccrocher ou fermer la fenêtre :

  • Un numéro de téléphone dans une alerte. Microsoft le dit clairement : ses messages d’erreur et d’avertissement ne contiennent jamais de numéro de téléphone.
  • Un appel que vous n’avez pas demandé. Microsoft n’appelle pas et n’envoie pas d’e-mail non sollicité pour réparer votre ordinateur. Toute prise de contact doit venir de vous.
  • L’urgence et la peur. Compte à rebours, alarme, voix enregistrée, interdiction d’éteindre : tout est fait pour vous empêcher de réfléchir.
  • Une demande d’argent. Le dispositif public le rappelle : aucun support technique officiel ne réclame d’argent de cette façon. Microsoft précise aussi qu’il ne demande jamais de paiement en cartes cadeaux ou en cryptomonnaie.
  • Une demande d’installer un logiciel ou de vous connecter à votre banque pendant que l’interlocuteur regarde votre écran.

Prenons un scénario typique : une retraitée cherche une recette en ligne. Une fenêtre « Alerte de sécurité Windows » occupe tout l’écran et une voix lui demande d’appeler immédiatement un numéro gratuit. Elle s’apprête à le faire, puis se souvient que c’est son ordinateur qui affiche un numéro, et non elle qui a demandé de l’aide. Elle appelle sa fille, qui lui fait redémarrer l’ordinateur. L’alerte a disparu.

Comparaison entre un vrai support et une arnaque : un vrai support est contacté par vous, via le site officiel, sans pression ni demande de paiement par carte cadeau. L’arnaque appelle sans demande, affiche un numéro dans une alerte, presse, réclame un paiement et veut prendre la main

Que faire selon votre situation

Les bons gestes dépendent de ce qui s’est déjà passé. Repérez votre cas dans le tableau, puis lisez le détail plus bas.

Votre situationGestes prioritaires
L’alerte est affichée, vous n’avez pas appeléNe pas appeler. Fermer le navigateur ou redémarrer. Photographier l’écran si vous voulez la signaler.
Vous avez parlé au faux technicien, sans rien installer ni payerRaccrocher et ne pas rappeler. Si vous avez donné un mot de passe ou des informations, le changer.
Il a pris la main à distance sur l’ordinateurCouper Internet, désinstaller le logiciel, changer vos mots de passe depuis un autre appareil, faire vérifier l’ordinateur.
Vous avez donné vos coordonnées bancaires ou payéAppeler votre banque immédiatement, faire opposition, puis porter plainte.

L’alerte est affichée : fermez sans appeler

Cette fausse alerte n’est en général qu’une page Internet déguisée. Elle ne peut rien faire tant que vous n’appelez pas et n’installez rien. Si vous souhaitez la signaler, prenez d’abord une photo de l’écran avec votre téléphone. Ensuite, fermez le navigateur :

  • Sous Windows, appuyez sur Ctrl + Maj + Échap pour ouvrir le Gestionnaire des tâches, sélectionnez le navigateur, puis cliquez sur « Fin de tâche ».
  • Sur Mac, Apple indique d’appuyer en même temps sur Option, Commande et Échap pour forcer la fermeture d’une application.
  • Si rien ne répond, maintenez le bouton d’alimentation enfoncé jusqu’à l’extinction. Cybermalveillance.gouv.fr conseille de redémarrer : l’alerte disparaît souvent.

Au redémarrage, si le navigateur propose de « restaurer les onglets », refusez. Si l’alerte revient, vos réglages ont probablement été modifiés. Videz alors le cache, supprimez les cookies et réinitialisez le navigateur, comme le conseille le dispositif public. Si cela ne suffit pas, supprimez puis recréez votre profil de navigation. Désinstallez aussi toute extension ou application récente que vous ne connaissez pas.

Le faux technicien a pris la main sur votre ordinateur

C’est le cas le plus sérieux, car l’escroc a pu voir et copier vos fichiers, et même installer un programme pour revenir plus tard. Agissez dans cet ordre :

  1. Coupez Internet (Wi-Fi désactivé ou câble débranché) pour interrompre la connexion à distance.
  2. Désinstallez le logiciel de prise en main à distance qu’on vous a fait installer, ainsi que toute application récente suspecte.
  3. Changez vos mots de passe depuis un autre appareil, en commençant par votre messagerie et votre banque. Un ordinateur compromis peut enregistrer ce que vous tapez.
  4. Lancez une analyse antivirus complète et installez les mises à jour de sécurité.
  5. Surveillez vos comptes : connexions inhabituelles, e-mails de réinitialisation que vous n’avez pas demandés, opérations bancaires inconnues.

En cas de doute, ou si vous n’arrivez pas à reprendre le contrôle, Cybermalveillance.gouv.fr recommande de faire appel à un professionnel, par exemple un prestataire référencé sur son site. Microsoft va plus loin et suggère d’envisager une réinitialisation complète de l’appareil. Sauvegardez d’abord vos fichiers personnels.

Cinq gestes après une prise en main à distance par un faux technicien : couper Internet, désinstaller le logiciel, changer les mots de passe depuis un autre appareil, analyse antivirus et mises à jour, surveiller banque et messagerie

Vous avez payé ou donné vos coordonnées bancaires

Le temps compte. Appelez votre banque sans attendre, faites opposition sur la carte communiquée et demandez le blocage des opérations en cours. Si l’escroc a vu votre écran pendant que vous consultiez votre compte en ligne, signalez-le aussi : il a pu récupérer de quoi agir à votre place.

Le remboursement dépend de la nature de l’opération. Selon l’Institut national de la consommation, une opération que vous n’avez pas autorisée se conteste sans tarder, et au plus tard dans les 13 mois suivant le débit pour un paiement dans l’Espace économique européen. La banque doit alors vous rembourser immédiatement, au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant votre signalement. La Cour de justice de l’Union européenne l’a rappelé dans un arrêt du 15 octobre 2026 : la banque ne peut pas refuser ce remboursement en invoquant votre négligence. Elle peut seulement vous réclamer la somme ensuite, si elle prouve une négligence grave de votre part. Seul un soupçon de fraude de votre part, motivé par écrit auprès de l’autorité compétente, permet de différer le remboursement. En revanche, un paiement que vous avez validé vous-même est en principe considéré comme autorisé, même s’il a été obtenu par la ruse. Le remboursement est alors beaucoup moins probable. Cybermalveillance.gouv.fr conseille malgré tout d’exiger le remboursement en indiquant que vous portez plainte.

Signaler et porter plainte

Porter plainte appuie votre demande auprès de la banque et aide les enquêteurs à remonter les réseaux. Avant toute démarche, rassemblez les preuves : photos de l’écran, numéro appelé, date et heure, nom donné par le faux technicien, relevés de paiement, échanges écrits.

  • 17Cyber (17cyber.gouv.fr) : le guichet en ligne du ministère de l’Intérieur, avec la police, la gendarmerie et Cybermalveillance.gouv.fr, pour les victimes d’infractions numériques. Il propose un diagnostic, des conseils adaptés et, selon les cas, une mise en relation par discussion instantanée avec un policier ou un gendarme, 24 h/24 et 7 j/7.
  • Le commissariat ou la gendarmerie pour déposer plainte, ou une plainte écrite adressée au procureur de la République avec toutes les preuves. La section cybercriminalité du parquet de Paris invite les victimes à lui écrire directement, ce qui accélère le traitement. Cybermalveillance.gouv.fr indique ce que doit contenir cette lettre.
  • internet-signalement.gouv.fr (Pharos) pour signaler le site qui affichait la fausse alerte.
  • microsoft.com/reportascam pour signaler l’escroquerie à Microsoft si les escrocs ont utilisé son nom.

Notre guide de sécurité informatique rappelle les autres arnaques courantes et les gestes simples qui protègent vos comptes.

Se protéger, et protéger ses proches

Quelques habitudes, recommandées par le dispositif public, réduisent nettement le risque :

  • Mettez à jour régulièrement le système, les logiciels et surtout le navigateur. Gardez l’antivirus actif et à jour.
  • N’installez pas de logiciels piratés ou d’origine douteuse, et évitez les sites peu sûrs, d’où partent souvent les fausses alertes.
  • Utilisez un compte sans droits d’administrateur pour naviguer et lire vos e-mails.
  • Sauvegardez régulièrement vos photos et documents : une menace de « tout effacer » perd alors son effet.
  • Cherchez vous-même le contact du support officiel sur le site de la marque, jamais dans une publicité ou une fenêtre surgissante.

Si un parent âgé utilise un ordinateur, prenez dix minutes pour lui montrer une fausse alerte en image et convenez d’une règle simple : « devant une alerte avec un numéro, on n’appelle pas, on éteint et on m’appelle ». Collez le numéro d’un proche près de l’ordinateur. C’est souvent ce qui fait la différence au moment de la panique.

Enfin, un vrai dépannage existe, à condition que ce soit vous qui le demandiez. Un technicien sérieux commence par un diagnostic, explique ce qu’il fait et ne vous fait jamais payer en cartes cadeaux. Si votre ordinateur a déjà été touché, notre guide sur le PC devenu lent aide aussi à repérer les logiciels indésirables restés installés.

Faire vérifier votre ordinateur à Paris et en Île-de-France

Après une prise en main à distance, il vaut mieux savoir ce que l’escroc a laissé derrière lui. MY BUSINESS LIFE intervient à domicile à Paris et en Île-de-France : nous retirons les logiciels suspects, contrôlons l’ordinateur, mettons vos données à l’abri et vous aidons à sécuriser vos comptes, en vous expliquant chaque étape. L’assistance informatique à domicile ouvre droit à un crédit d’impôt de 50 %, dans la limite de 3 000 € de dépenses par an et par foyer, sous conditions. Demandez une intervention à domicile, consultez notre page réparation d’ordinateur, ou appelez le 01 89 70 34 11.

Questions fréquentes

Microsoft peut-il m’appeler pour un problème sur mon ordinateur ?

Non. Microsoft indique ne jamais appeler ni envoyer d’e-mail non sollicité pour réparer un ordinateur. Toute prise de contact avec son support doit venir de vous. Un tel appel est une arnaque : raccrochez.

Une fausse alerte peut-elle abîmer mon ordinateur ?

En général, non : il s’agit d’une page Internet qui occupe l’écran. Le danger commence quand vous appelez, installez un logiciel ou payez. Fermez le navigateur ou redémarrez ; si l’alerte revient, faites vérifier vos réglages.

J’ai laissé un faux technicien prendre la main, que faire en premier ?

Coupez Internet, désinstallez le logiciel de contrôle à distance, puis changez vos mots de passe depuis un autre appareil, en commençant par la messagerie et la banque. Si vous avez payé ou donné des coordonnées bancaires, appelez votre banque immédiatement.

Ma banque va-t-elle me rembourser ?

Cela dépend. Une opération que vous n’avez pas autorisée, contestée sans tarder et au plus tard dans les 13 mois, doit être remboursée immédiatement ; la banque ne peut ensuite vous la réclamer qu’en prouvant une négligence grave. Un paiement que vous avez validé vous-même est rarement remboursé. Contestez quand même, en indiquant que vous portez plainte.

Où signaler une arnaque au faux support technique ?

Sur 17cyber.gouv.fr, au commissariat ou à la gendarmerie, ou par une plainte écrite au procureur de la République. Le site qui affichait la fausse alerte peut être signalé sur internet-signalement.gouv.fr.

Comment protéger un parent âgé de cette arnaque ?

Montrez-lui à quoi ressemble une fausse alerte et donnez-lui une règle simple : ne jamais appeler un numéro affiché à l’écran, éteindre et prévenir un proche. Gardez son ordinateur à jour et sauvegardez ses fichiers.

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